21 décembre 2006

Le disque est mort ?

Dire qu'internet a (et va) bouleversé nos habitudes de "consommateurs de produit culturel" est un truisme. Mais de là à ce que les distributeurs, labels et autres boutiques de vpc en prennent conscience et mettent en place une politique commerciale différente, c'est une autre histoire.

Rares en effet sont les entreprises du secteur musical qui ont compris une chose : le disque (tel qu'on le connait) est mort. Il n'en restera que des cendres, des miettes : l'objet, le beau livret, l'album de photos, la réédition nostalgique (Klaus Schulze en ce moment, Crell pone aussi ). Mais le support, le CD, surtout pour nos champs d'intérêt, là c'est largement fini. Qui va payer 20 € + 6 € de port pour un illustre inconnu sur la foi de 3 lignes enthousiastes d'un vendeur, fut il un plus respectables distributeur. Pas grand monde...
Certains labels nous ont agréablement surpris : Brocolis
par exemple, qui a proposé l'album de Michel Chion Tu en téléchargement. Mais les autres, Subrosa, Ohr, Empreintes Digitales etc etc ... rien.

Même les labels microscopiques ne semblent pas comprendre.

De plus les plates formes légales de téléchargement brillent par leur coup élevé et leur absence du style "musique contemporaine", à quelques rares exceptions près. Il faut aller sur l'exceptionnel site justement, qu'est Emusic pour trouver des labels et des compositeurs intéressants...et à un prix défiant toute concurrence, comme on dit …


Nous avons besoin, en musique électronique, de découvrir, d'explorer voire de nous noyer dans un flot de plus en plus nourri et paradoxalement, aujourd'hui, de plus en plus fermé. Ce flot est bien là, mais il ne peut nous atteindre.

Récemment le directeur du Grm, Michel Teruggi , nous informait d'une volonté de mettre à la disposition du public, en téléchargement, certaines archives (concerts...) je cite :
"arriveront prochainement sur le site de l’Ina les musiques du GRM, celles du passé et celles qui se créent lors des concerts de la saison. Elles compléteront la mise en place d’une offre de sons et musiques « inouïes » que le public et les professionnels pourront télécharger et utiliser".

Très bien mais continuons, allons plus loin... que cette musique trouve enfin sur internet un moyen de vivre et de se développer. Mettez le catalogue complet du Grm, avec les introuvables, les disques épuisés, les oubliés. Je ne vois pas d'autre modèle économique, d'autre solution. Le précédent modèle est basé sur une stratégie commerciale héritée de l'industrie, qui ne s'applique pas à nos musiques. Je me répète : il est complètement dépassé...courage
... inventons et innovons.



5 commentaires:

Patrick W a dit…

J'étais sûr qu'après cet édito, jallais trouver quelques labels ou distributeurs qui se lancent dans le téléchargement;.. et bien en voici un :
http://www.artsonique.com

et c'est pas fini ...

deb7680 a dit…

Bonsoir Patrick,

Désolé de ne pas avoir commenté ce post plus tôt mais je finalisais un projet important pour moi et m'a pris toute mon énergie. J'ai finalisé hier soir et je me sens, disons, soulagé et beaucoup plus disponible.
Le disque est mort ? Tu as vraisemblablement raison mais j'espère que non. Car personnellement j'aime bien un support palpable, quelque chose que l'on tient dans ses mains. J'ai toujours mes vieux vinyles - dont certains ont une bonne quarantaine d'années - pour la qualité de leurs pochettes, leur imaginaire parfois. Mais en terme de musique je suis passé sans regret au CD's. J'ai toujours été très agacé par les craquements et je parle pas des rayures qui rendaient obsolètes un titre...
Et aujourd'hui, encore, malgré le virtuel, Internet, je reste encore attaché à ce support. Et je dois donc faire partie de ces quelques uns qui sont prêts à investir comme tu le soulignes "20 € + 6 € de port pour un illustre inconnu sur la foi de 3 lignes enthousiastes" non pas d'un vendeur mais d'un particulier. C'est d'ailleurs grâce à toi que j'ai acheté les deux "Corticalart" avec Pierre Henry ainsi que le Phillip Werren. Un double CD dont le plaisir augmente plus on l'écoute car on découvre à chaque fois de nouvelles choses.
Mais en même temps, c'est vrai qu'internet a aussi changé pas mal de choses. J'aime bien découvrir des musiques originales sur les sites, échanger. Et là où j'ai commencé à amorcer un virage, par rapport au CD, c'est quand j'ai téléchargé l'album de Michel Chion "Tu" du label Brocolis. Dans le même temps, j'ai commencé à acheter à la Fnac des vieux albums d'Edgar Froese, Tangerine Dream, les classiques quoi, par téléchargement. Mais bon, soyons clair, j'avais comme un manque, un support pratique me manquait. Et puis noël est passé par là, avec un beau petit Ipod tout noir, 8 gigas. Et là génial. En random, les chocs musicaux deviennent créatifs, L'Apocalypse de Jean de Pierre Henry qui succède à West Coast Experimental Band, Répons de Pierre Boulez à John Coltrane, Tristan Murail à Sonic Youth...
Et du coup, le "Tu" de Michel Chion est entré dans l'Ipod. Et c'est vrai que maintenant, je reconnais que les possibilités offertes par le téléchargement deviennent très intéressantes. Alors oui, je te rejoins, il est temps que des labels s'intéressent enfin à la musique électronique et contemporaine.

Patrick W a dit…

Encore une fois Deb, tu as le même avis que moi... la même démarche à un détail près : l'Ipod ;-)
je préfère une clé sans marque ... c'est juste pour écouter dans les transports. Pour la maison, un lecteur CD/mp3 fait l'affaire.
Y a maintenant des platines Tangent qui ont l'air sympa.
Ah j'oubliais Deb: je viens d'acheter EnergyXT : un régal ! Je vais aller voir tes video sur ton blog ...

Patrick W a dit…

Je te conseille aussi de découvrir le dernier Bernard Parmegiani ...

deb7680 a dit…

Juste une chose pour l'Ipod, j'avais la même réaction que toi. Et puis je dois partir quelques jours en reportage en Angleterre - je suis invité pour le bi centenaire de la création du théâtre Royal de Brighton - et je me voyais mal sans musique, au moins durant la traversée aller-retour en ferry. Car à Brighton, il y a une bonne scène musicale.
Bon, j'ai franchi le pas. Et je ne regrette pas. Car au-delà du gadget, c'est en fait un bel outil pédagogique voire créatif. Je le mets en lecture aléatoire et je redécouvre ma discothèque - là, je suis en train de mettre les 3 CD de The early gurus of electronic music - et j'apprécie les confrontations musicales qui apparaissent... En l'occurence "en Phase/Hors Phase" de Bernard Parmegiani qui date de 1977.
Dernier point, j'ai pris aussi l'abonnement illimité de la FNAC. C'est géant. Je peux aller écouter l'ensemble du catalogue. C'est vraiment très pratique...